Woman fills petrol into her car at a gas station

Le diesel et la santé, la grande hypocrisie

Dans l’après-guerre où tout est à reconstruire, la jeune Vème république permet aux agriculteurs et aux industriels d’utiliser le Gazole en bénéficiant d’avantages fiscaux importants dans le but de stimuler l’économie.

L’essence reste néanmoins privilégiée pour le reste de la population car le diesel n’est pas bon pour la santé. Et on le sait depuis fort longtemps.

 « En misant sur le tout nucléaire, on a eu un développement massif du chauffage électrique. Les Français ont délaissé leurs chaudières au fioul et les raffineries se sont retrouvées avec des stocks dont elles ne savaient que faire », détaille Thomas Porcher, économiste.

Conséquemment, les taxes sur l’essence ont impacté les ménages français, principalement à la pompe, mais les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979 vont faire bouger les lignes : l’économie ralentit et on assiste à une baisse du pouvoir d’achat.
Pourquoi ne pas vendre les surplus de Diesel qui encombrent nos raffineries en étendant l’avantage fiscal aux véhicules des particuliers ?

Nos champions industriels Peugeot et Renault feront le reste grâce à une campagne de lobbying efficace. Au diable le rapport « Roussel » datant de 1983, mettant en garde sur les conséquences de particules fines sur la santé des concitoyens. L’heure est à la relance et cela va marcher.
Au niveau national, le parc de véhicules fonctionnant au diesel passera de 10% en 1984 à 78% en 2008 !
Nos constructeurs automobiles, protégés par cette niche fiscale, vont pouvoir investir des ressources gigantesques en Recherche & Développement pour devenir les champions des moteurs diesel qu’ils finiront même par vendre à leurs concurrents allemands.

Le revers de la médaille

Les rapports sur les particules fines s’accumulent dans les ministères et rejoignent rapidement les archives nationales. Sans réel point de comparaison le nombre de mort lié à la pollution est désormais estimé entre 20 000 et 45 000 par an. Les hôpitaux sont encombrés par nos enfants souffrant de bronchiolites, crises d’asthme et autres complications pulmonaires.

Plus récemment, une enquête sénatoriale a évalué que la pollution de l’air, toutes sources confondues, coûtait chaque année plus de 100 milliards d’euros à la France, dont 70 milliards pour les seules dépenses de santé.  En 2013, une étude du commissariat général au développement durable a estimé que la pollution aux particules fines coûtait 672 euros par français et par an.

Soit 44 milliards d’euros au total… Difficile d’estimer le coût pour les assureurs via les mutuelles complémentaires de santé mais il n’est évidemment pas neutre.

Le « Volkswagengate » va mettre en exergue un secret de polichinelle. Les constructeurs, sans aucun contre-pouvoir de taille, publient leurs propres conclusions quant aux impacts environnementaux de leurs moteurs. Le gouvernement Valls devra réagir en créant la « Commission Royal ». Dans son rapport final la commission précise qu’elle n’a pas eu accès à l’ensemble des logiciels embarqués dans les véhicules testés et « ne peut donc pas se prononcer définitivement sur la présence ou absence de logiciels ‘tricheurs' »… Et depuis ? Rien.
Eureka ! 100 000 voitures électriques roulent désormais en France ; dans 20 ans (durée de renouvellement du parc) tout cela ne sera plus qu’une veille histoire.

Chers concitoyens, passez votre chemin, il n’y a rien à voir !

Artus PIRONNEAU
Directeur/Associé IARD, SPVIE