nasa-630302

Ouragan Irma, une clause « Catastrophe Naturelle » à la tête du client.

En France métropolitaine, la garantie « catastrophe naturelle », créée en 1982, est adossée sur les capitaux assurés en incendie en termes de remboursement. Ceci n’est cependant pas le cas dans les Territoires d’Outre-Mer, les assureurs ayant toujours refusé de s’aligner dans ces zones, pour des raisons de risque trop important. Pour exemple, une maison garantie en incendie à hauteur de 2 M€ en France métropolitaine, sera remboursée sur la même base en cas de catastrophe naturelle. Cette même maison, à Saint-Barthélemy, sera remboursée à hauteur de 250 000 € environ, pour un sinistre et des dégâts similaires.

Cette disposition n’est pourtant pas nouvelle, on remarquera notamment les mêmes résultats lors de l’ouragan Luis en 1995, avec des assurés touchant des montants très faibles. Il est alors facile de penser que les habitants des TOM sont moins bien lotis que les métropolitains. Il faut cependant se pencher sur les normes de construction pour essayer d’y voir plus clair. En effet, dans de nombreux cas il s’avère que les constructions ne soient pas validées par des organismes indépendants, alors qu’elles sont dans des zones à risques et ne respectent pas certaines conditions de sécurité essentielles.

La production énergétique de Saint-Barthélemy est un problème qui n’a en théorie rien à voir avec le sujet qui nous intéresse, mais lorsqu’on se penche sur la construction et les aménagements de l’île, il est facile de se rendre compte que de nombreuses améliorations pourraient être mises en place afin de limiter les dégâts en cas de récidive météorologique. Lors des précédents ouragans, l’ensemble des lignes électriques ont été détruites, et les groupes électrogènes à fuel endommagés, alors qu’une seule éolienne, repliable en cas de vent fort, suffirait à alimenter 80% de l’île, avec des lignes électriques enterrées, qui ne seraient donc pas, ou très peu, endommagées.

 « La balle est dans le camp du gouvernement. Il peut transformer l’état de catastrophe naturel en événement exceptionnel qui, là, garantit un remboursement à hauteur de la valeur des biens. Par ordonnance, il peut aussi demander aux assureurs d’indemniser au-delà des garanties prévues par contrat. »
d’après Jean-Marc Vassards, consultant en évaluation de préjudices.